Vendre une maison héritée est l’une des procédures immobilières les plus complexes auxquelles un particulier peut être confronté. Il ne suffit pas de trouver un acheteur et de signer un acte : avant de pouvoir vendre, il faut régler la succession, inscrire le bien au nom des héritiers et acquitter les impôts correspondants. Et lorsque plusieurs héritiers sont concernés, la gestion devient encore plus complexe.
Cet article explique étape par étape comment vendre une maison héritée en Espagne, quelles sont les démarches obligatoires, combien de temps elles prennent, quels impôts doivent être payés et ce qui se passe lorsque les héritiers ne parviennent pas à se mettre d’accord.
Non. Un logement hérité ne peut pas être vendu tant que la succession n’a pas été acceptée et que le bien n’est pas inscrit au nom des héritiers au Registre de la propriété. Essayer de vendre avant d’avoir accompli ces démarches n’est pas seulement une erreur de procédure : aucun acheteur, notaire ou établissement bancaire ne l’acceptera.
La procédure préalable à la vente comprend au minimum trois démarches : accepter la succession, acquitter les impôts correspondants et modifier la titularité au registre foncier. Ce n’est qu’une fois ces étapes accomplies que l’héritier dispose de la pleine capacité juridique pour transférer le bien immobilier.
Avant de commencer la commercialisation du logement, il est indispensable d’accomplir les démarches suivantes :
Le certificat de décès atteste le décès du défunt. Le certificat des dernières volontés indique si le défunt a établi un testament et auprès de quel notaire. Ces deux documents sont obtenus respectivement auprès du Registre civil et du ministère de la Justice.
S’il existe un testament, il faudra en obtenir une copie authentique auprès du notaire. En l’absence de testament, il faudra effectuer une déclaration d’héritiers ab intestat devant notaire, ce qui allonge la procédure.
Avant d’accepter formellement la succession, il convient de connaître l’ensemble du patrimoine du défunt : biens immobiliers, comptes bancaires, véhicules, dettes et charges. Accepter une succession sans effectuer cette vérification peut entraîner la reprise de dettes inconnues.
S’il existe un risque que les dettes soient supérieures aux actifs, l’acceptation sous bénéfice d’inventaire protège l’héritier et lui évite de devoir répondre des dettes avec son patrimoine personnel.
Il s’agit de l’acte notarié par lequel les héritiers acceptent la succession et se voient attribuer les biens. S’il y a plusieurs héritiers, ils doivent tous comparaître, ou donner procuration à une personne pour les représenter, afin de signer l’acte de partage.
Il s’agit de la démarche centrale de la procédure et de celle qui peut prendre le plus de temps en cas de désaccord entre les héritiers.
Le paiement de l’ISD est obligatoire et doit précéder l’inscription au registre foncier. Sans justificatif de paiement ou d’exonération, le Registre de la propriété n’inscrira pas le changement de titulaire.
Le délai pour le régler est de six mois à compter du décès. Il peut être prolongé de six mois supplémentaires si la demande est présentée pendant le délai initial.
Outre l’ISD, la transmission par succession entraîne également l’exigibilité de la plus-value municipale (IIVTNU). Le délai pour la régler est également de six mois à compter du décès et peut être prolongé jusqu’à un an sur demande préalable.
Une fois l’acte de succession signé et les impôts acquittés, il faut inscrire le bien immobilier au nom des héritiers au Registre de la propriété. Sans cette inscription, la vente ultérieure ne peut pas être formalisée devant notaire.
Une fois les démarches préalables accomplies et le logement inscrit au nom des héritiers, la procédure de vente est similaire à celle de toute autre transaction immobilière. Les étapes habituelles sont les suivantes :
Il faut disposer du certificat de performance énergétique, du certificat d’habitabilité — obligatoire en Catalogne —, d’une note simple actualisée du Registre de la propriété ainsi que des derniers justificatifs de paiement de l’IBI et des charges de copropriété.
La valeur déclarée dans la succession sert de référence fiscale, mais le prix du marché peut être supérieur. Il est conseillé de faire réaliser une estimation actualisée par une agence immobilière ou un expert immobilier.
Le logement peut être commercialisé par l’intermédiaire d’une agence immobilière spécialisée dans la région ou au moyen de ses propres canaux. Sur la Costa Brava, où une part importante des acheteurs est internationale, la présence sur les plateformes européennes et la connaissance du marché local font la différence.
Le contrat d’arrhes est un document privé qui définit les conditions de la vente et engage les deux parties. Dans les successions comprenant plusieurs héritiers, tous les copropriétaires doivent signer le contrat d’arrhes, puis l’acte de vente.
La signature de l’acte constitue l’étape finale du transfert de propriété. À ce moment-là, les charges en cours sont réglées, les honoraires de l’agence sont payés et le montant de la vente est réparti entre les héritiers conformément à l’accord conclu.
La plus-value patrimoniale générée par la vente doit être déclarée et est imposée au cours de l’exercice fiscal suivant.
La durée totale entre le décès et la vente effective dépend de nombreux facteurs. À titre indicatif :
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Démarche |
Délai indicatif |
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Certificat de décès et certificat des dernières volontés |
1 – 3 semaines |
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Copie du testament ou déclaration d’héritiers |
2 – 8 semaines |
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Acte de succession sans conflit |
4 – 12 semaines |
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Paiement de l’ISD et de la plus-value municipale |
Jusqu’à 6 mois à compter du décès |
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Inscription au registre foncier |
2 – 6 semaines après la signature de l’acte |
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Commercialisation et vente |
Variable selon le marché |
Dans des conditions favorables — testament clair, accord entre les héritiers et impôts réglés dans les délais —, l’ensemble de la procédure peut être achevé en trois à six mois. En cas de conflit entre les héritiers ou de dettes en cours, la procédure peut durer plusieurs années.
La vente d’un logement hérité entraîne des obligations fiscales à deux moments différents : au moment de l’héritage et au moment de la vente.
Pour calculer la plus-value patrimoniale générée par la vente, l’héritier peut déduire :
Il s’agit de l’une des questions les plus fréquentes dans les successions comprenant plusieurs héritiers. La réponse doit être nuancée : cela dépend du fait que la succession ait déjà été formellement acceptée et attribuée ou non.
Tant que la succession n’a pas été formellement attribuée, les héritiers disposent d’une quote-part abstraite sur l’ensemble de la succession, et non sur un bien précis. Dans cette situation, il n’est pas possible de vendre séparément la part correspondant au logement sans le consentement des autres héritiers.
Une fois le logement attribué à plusieurs héritiers en indivision, chaque copropriétaire possède une quote-part indivise du bien immobilier. Dans ce cas, la loi permet de vendre sa propre quote-part, mais avec une restriction importante : les autres copropriétaires disposent d’un droit de préemption et de retrait. Ils sont donc prioritaires pour acquérir cette quote-part aux mêmes conditions que le tiers intéressé.
Dans la pratique, la vente d’une quote-part indivise sur le marché libre est difficile et peu courante, car les acheteurs extérieurs se retrouvent dans une situation juridique inconfortable. La solution la plus efficace consiste généralement à parvenir à un accord entre les héritiers afin de vendre l’ensemble du logement ou de permettre à l’un d’entre eux de racheter les parts des autres.
Si les héritiers ne parviennent pas à un accord, n’importe lequel des copropriétaires peut engager l’action en partage prévue à l’article 400 du Code civil, qui impose de mettre fin à l’indivision. Si le bien ne peut pas être divisé — comme c’est le cas de la plupart des logements —, le tribunal peut ordonner sa vente aux enchères publiques, ce qui aboutit généralement à un prix inférieur à celui du marché.
Le désaccord entre les héritiers est la principale cause de blocage de la vente des logements hérités. Les situations les plus fréquentes sont les suivantes :
Dans tous ces cas, l’intervention d’un médiateur ou d’un avocat spécialisé en droit des successions peut éviter une procédure judiciaire longue et coûteuse.
Si le logement hérité est grevé d’un prêt hypothécaire en cours, les héritiers qui acceptent la succession reprennent également la dette restante. Avant de vendre, ils doivent décider de la manière de traiter cette charge :
Si la dette hypothécaire est supérieure à la valeur du logement, il convient d’envisager l’acceptation sous bénéfice d’inventaire avant d’accepter la succession, afin de ne pas devoir répondre de la dette avec son patrimoine personnel.
Pour formaliser la vente devant notaire, le vendeur — l’héritier ou les héritiers — devra fournir :
La vente de logements hérités en Catalogne présente certaines particularités par rapport au régime général espagnol :
La Catalogne dispose de son propre Code civil. Le livre IV du Code civil de Catalogne réglemente les successions et prévoit des règles spécifiques en matière d’héritage, de réserve héréditaire et de partage, qui diffèrent de celles du Code civil espagnol. En Catalogne, la réserve héréditaire correspond à un quart de la valeur de la succession, contre un tiers en droit commun, et son système de liquidation présente des particularités propres.
L’Agence fiscale de Catalogne (ATC) gère l’ISD dans cette communauté autonome. Des réductions pouvant atteindre 99 % sont prévues pour le conjoint et les enfants dans les successions ne dépassant pas certains montants. Pour les valeurs plus élevées ou les degrés de parenté plus éloignés, l’impôt peut toutefois être important.
Contrairement à d’autres communautés autonomes, il est obligatoire en Catalogne de disposer d’un certificat d’habitabilité en cours de validité pour transférer un logement, aussi bien dans le cadre d’une succession que d’une vente immobilière ordinaire.
Dans des localités telles que Begur, Llafranc, Pals, Tamariu ou Calella de Palafrugell, les logements hérités sont fréquents en raison de l’histoire de la région, où de nombreux biens appartiennent aux mêmes familles depuis plusieurs générations. Lorsque ces propriétés arrivent sur le marché, elles suscitent généralement un intérêt immédiat de la part d’acheteurs espagnols et internationaux, notamment lorsqu’elles n’ont pas été commercialisées depuis longtemps.
Faire appel à une agence immobilière spécialisée dans la région permet non seulement de gérer efficacement la vente, mais aussi d’obtenir des conseils sur les documents exigés par chaque commune, les délais d’inscription au registre foncier et la fiscalité régionale applicable.
Pour vendre une maison héritée, il faut d’abord régler la succession : obtenir le certificat des dernières volontés, signer l’acte d’acceptation et d’attribution de la succession devant notaire, acquitter l’Impôt sur les successions et la plus-value municipale, puis inscrire le logement au nom des héritiers au Registre de la propriété. Ce n’est qu’ensuite que la vente peut commencer, selon les mêmes étapes qu’une transaction immobilière ordinaire.
Si la succession a déjà été attribuée en indivision, vous pouvez techniquement vendre votre quote-part à un tiers. Cependant, les autres copropriétaires disposent d’un droit de préemption et de retrait et peuvent l’acquérir aux mêmes conditions. Dans la pratique, vendre une quote-part sur le marché libre est complexe. En l’absence d’accord pour vendre l’ensemble du bien, vous pouvez engager une action en partage, susceptible d’aboutir à une vente judiciaire aux enchères.
Dans des conditions favorables — testament clair, accord entre les héritiers et impôts réglés dans les délais —, l’ensemble de la procédure entre le décès et la vente peut être achevé en trois à six mois. En cas de conflit entre les héritiers, de dettes en cours ou de démarches complexes, la procédure peut durer beaucoup plus longtemps.
Au moment de l’héritage, il faut payer l’Impôt sur les successions et les donations ainsi que la plus-value municipale liée à la succession. Au moment de la vente, il faut acquitter l’IRPF sur la plus-value patrimoniale — différence entre le prix de vente et la valeur déclarée dans la succession, augmentée des dépenses déductibles — ainsi qu’une deuxième plus-value municipale correspondant à la période comprise entre la succession et la vente.
La plus-value patrimoniale correspond à la différence entre le prix de vente, après déduction des frais liés à la vente, et la valeur d’acquisition. Dans le cadre d’une succession, cette valeur correspond à celle déclarée dans l’acte d’attribution, à laquelle s’ajoutent la part proportionnelle de l’ISD payé ainsi que les frais de notaire, de registre et de gestion administrative liés à la succession. Si la valeur déclarée a été ajustée au prix du marché, la plus-value imposable peut être faible, voire inexistante.
Si un héritier refuse de vendre, les autres ne peuvent pas l’y obliger directement. Cependant, n’importe quel copropriétaire peut engager une action en partage devant les tribunaux, ce qui peut aboutir à la vente du bien aux enchères publiques. Pour éviter cette situation, il est conseillé de rechercher une solution négociée : permettre à l’héritier qui ne souhaite pas vendre de racheter les parts des autres ou convenir d’une vente commune avec une répartition du prix acceptée par tous.
Non. Le Registre de la propriété n’inscrira pas le changement de titulaire sans justificatif de paiement de l’ISD ou certificat d’exonération. Sans inscription au nom des héritiers, la vente ne peut pas être formalisée devant notaire. Le paiement de l’ISD dans le délai prévu — six mois à compter du décès — constitue donc une étape incontournable de la procédure.